07 avril 2006
Mens-moi
Axel BAUER
Que faire, je ne comprends pas
Que tu aies oublié nos rêves siamois.
Je préfère fermer les yeux
Ne pas entendre ces mots
Qui mettent fin à nous deux.
Je ne le supporterai pas
Mens Moi.
Raconte moi Je suis prêt à croire Raconte moi
N'importe quoi
Ce qui est vrai
Ce qui ne l'est pas
Pour passer un jour
De plus avec toi
Tout et n'importe quoi
Alors mens moi
Je sais, c'est sans issue
Perdu pour perdu
Qu'importe un mensonge de plus
Je ne voulais pas te faire de mal
Arrête de pleurer
Tout va s'arranger
S'arrange déjà.
Mens moi
N'importe quoi
Ce qui est vrai
Ce qui ne l'est pas
Pour passer un jour
De plus avec toi
Je suis prêt à croire
Tout et n'importe quoi
Alors mens moi ..............
03 avril 2006
TEXTE d'Anne Sylvestre
Que je sois née d'hier ou d'avant le déluge, J'aime les gens qui doutent
j'ai souvent l'impression de tout recommencer.
Que j'ai pris ma revanche ou bien trouvé refuge,
dans mes chansons, toujours, j'ai voulu exister.
Que vous sachiez de moi ce que j'en veux bien dire,
que vous soyez fidèles ou bien simples passants
et que nous en soyons justes au premier sourire,
sachez ce qui, pour moi, est le plus important,
est le plus important.
Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, sagesse ou délire,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce qui m'a blessée,
dire tout ce qui m'a sauvée,
écrire et me débarrasser.
Ecrire pour ne pas sombrer,
écrire, au lieu de tournoyer,
écrire et ne jamais pleurer,
rien que des larmes de stylo
qui viennent se changer en mots
pour me tenir le cœur au chaud.
Que je vive cent ans ou bien quelques décades,
je ne supporte pas de voir le temps passer.
qu'On arpente sa vie au pas de promenade
et puis on s'aperçoit qu'il faudra se presser.
Que vous soyez tranquilles ou bien plein d'inquiétude,
ce que je vais vous dire, vous le comprendrez :
En mettant bout à bout toutes nos solitudes,
on pourrait se sentir un peu moins effrayés,
un peu moins effrayés.
Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, tendresse ou plaisir,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce que j'ai compris,
dire l'amour et le mépris,
écrire, me sauver de l'oubli.
Ecrire pour tout raconter,
écrire au lieu de regretter,
écrire et ne rien oublier,
et même inventer quelques rêves
de ceux qui empêchent qu'on crève
lorsque l'écriture, un jour, s'achève...
En m'écoutant passant, d'une oreille distraite,
qu'on ait l'impression de trop me ressembler,
je voudrais que ces mots qui me sont une fête,
on ne se dépêche pas d'aller les oublier.
Et que vous soyez critiques ou plein de bienveillance,
je ne recherche pas toujours ce qui vous plait.
Quand je soigne mes mots, c'est à moi que je pense.
Je veux me regarder sans honte et sans regrets,
sans honte et sans regrets.
Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, grimacer, sourire,
écrire et ne pas me dédire,
écrire ce que je n'ai su faire,
dire pour ne pas me défaire,
écrire, habiller ma colère.
Ecrire pour être égoïste,
écrire ce qui me résiste,
écrire et ne pas vivre triste
et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Ecrire et ne pas me foutre à l'eau.
Et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Ecrire et pas me foutre à l'eau.
Ecrire pour ne pas mourir,
pour ne pas mourir.
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer
J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons...
J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n'avoir pas su dire
Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons...
J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme
Les daltoniens de l'âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
ne Leur rende les honneurs
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons...
J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes aux printemps
Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercient
Qu'on leur dise, on leur crie
Merci d'avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu...
Anne Sylvestre, 1977
La vaisselle
Anne Sylvestre
{Refrain:}
Qui c'est qui fait la vaisselle?
Faut pas qu'ça se perde!
Qui c'est qui doit rester belle
les mains dans la merde ?
Mais tout change {2x}
et voici Jules qui lange
les fesses de l'héritier.
Il balaie {2x}
et bientôt, quelle merveille,
il astique le plancher.
Ça fait rien, on change rien.
{au Refrain}
Mais tout bouge {2x},
et voici que les yeux rouges
il fait cuire le rôti.
Il cuisine {2x}
- quelle splendeur assassine! -
fait la plonge et il essuie.
Ça fait rien, on change rien
{au Refrain}
Mais tout marche, mais ça marche,
et voici qu'il ne se cache
quand il reste à la maison.
C'est Germaine qui ramène
tout l'argent de la semaine,
ce n'est pas contre saison.
Ça fait rien, on change rien.
{au Refrain}
Mais il l'aime, mais ils s'aiment,
et ce n'est pas un problème
de savoir qui va porter
la culotte ou bien les bottes,
et le seul drapeau qui flotte,
c'est une taie d'oreiller.
Ça fait rien, on change rien.
{au Refrain}
Mais voici que sonne l'heure
de traîner l'enfant qui pleure
vers l'école aux bancs de bois.
L'enfant de Germaine et Jules,
sans y penser, articule
dans les livres d'autrefois.
Ça fait rien, on change rien.
{au Refrain}
Tout recule {2x}
et plus tard le petit Jules
aura des enfants aussi
qui derrière leur cartable,
dans l'école imperturbable
épèleront ces niaiseries.
Ça fait rien, on change rien.
{au Refrain}
Qui c'est qui fait la vaisselle?
Faut pas qu'ça se perde.
Oh, mais non!
Merde!
22 mars 2006
Juliette Greco
Déshabillez-moi
Déshabillez-moi,
Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite
Sachez me convoiter, me désirer, me captiver
Déshabillez-moi,
Mais ne soyez pas comme tous les hommes, trop pressés.
Et d'abord, le regard
Tout le temps du prélude
Ne doit pas être rude, ni hagard
Dévorez-moi des yeux
Mais avec retenue
Pour que je m'habitue, peu à peu...
Déshabillez-moi,
Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite
Sachez m'hypnotiser, m'envelopper, me capturer
Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Avec délicatesse, en souplesse, et doigté
Choisissez bien les mots
Dirigez bien vos gestes
Ni trop lents, ni trop lestes, sur ma peau
Voilà, ça y est, je suis
Frémissante et offerte
De votre main experte, allez-y...
Déshabillez-moi,
Maintenant tout de suite, allez vite
Sachez me posséder, me consommer, me consumer
Déshabillez-moi,
Conduisez-vous en homme
Soyez l'homme...
Agissez!
Déshabillez-moi,
Et vous... déshabillez-vous!
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